Eugene_Delacroix_La_Liberte_guidant_le_peupleNos civilisations occidentales, évoluées, républicaines, laïques, qui ont appris de leurs histoires que le chemin qu'elles empreintent est le bon... et bien ces civilisations là, gérées par des politiques à la vision courte, se sont un peu trompée...

En tapant sur les dictatures de toutes sortes, en brandissant le drapeau de la liberté des peuples, elles ont oublié une donnée principale : c'est dur à dire, mais certains peuple ne sont pas prêts, n'ont pas la culture, n'ont pas le recul, n'ont pas les moyens d'accéder comme nous aux libertés essentielles que nous défendons. Il faut du temps.... et de l'éducation....

Après des années de restrictions, d'abandons, de lobotisation, la chute trop rapide de certains Hussein, Kadhafi ou celle désirée de Bachar el Assad en Syrie, laisse la place à d'autres extrêmismes tout aussi comdamnables, parfois même plus... On n'assiste pas comme nous le pensions à une émancipation des peuples enfin libres, mais à une reprise en main très rapide par d'autres gropuscules organisés.

Ces dictateurs, aussi cruels et excécrables furent ils, étaient parfois nos hôtes, nos interlocuteurs et avaient, c'est une réalité, des liens avec l'occident. Par trois fois, nous nous sommes jeté un peu rapidement dans la fosse aux lions quand ces hommes ont tenté de juguler par la force les revendications (légitimes) de leur peuple. Nous avons pensé que la révolution de 1789 était reproductible, nous avons imaginé qu'en les renversant le monde serait plus beau. Nous avons juste oublié que derrière ces actes anti-gouvernementaux se cachait aussi un mal plus vicieux, plus cruel, plus malsain. On n'a rien vu venir du tout....

Alors quand je vois la ville de Kobané assiégée par l'EI, sous le regard du monde qui n'ose intervenir en territoire Syrien, sous le regard des Turques qui semble-t-il sont assez tenté de laisser les Kurdes à leur sort, sous le regard d'Assad qui contemple de loin ce qu'est devenu son pays, je me dis que, à un moment, il eut été sans doute plus utile d'aller expliquer à ces dictateurs que la solution était de laisser un peu de mou, leur faire comprendre que nous ne pouvions plus accepter cela, mais sans ingérence, sans cette prétention occidentale qui humilie les gens, et reconnaitre, un peu, du bout des lèvres, que des choses allaient dans le bon sens, comme le droit des femmes ou la liberté des cultes, une certaine laïcité chez ces hommes à abattre que nous regrettons sans doute un peu désormais. Ah.... si Obama avait eu des affinités avec Poutine et que chacun se mette à la place de l'autre, comme le monde aurait été plus beau.. Mais n'est pas Clinton qui veut....

 

Les peuples sont lésés, il se sont fait avoir. Nous avons aidé ces révolutionnaires sans chercher à distinguer les "bons" des "mauvais". Nous prenons sur la tête les bombes que nous leur avons donné. Des gens sont exterminés avec nos armes et notre argent. Tout ça pour ça... il faudra tout recommencer, un jour, mais d'ici là... combien de morts pour rien ?

Je suis de ceux qui pensent qu'entre la peste et le choléra il faut choisir, et guérir la maladie installée plutôt que de la remplacer par l'autre. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut parfois mettre son mouchoir dans sa poche et aller discuter avec les pires dictatures du monde. En les renversant, on laisse la place au vide, on laisse la place au pire, on laisse la place aux fous.

On a l'air de quoi à contempler si près de notre Vieille Europe des massacres incroyables, incontrôlables et qui relancent chez nous des guerres de religions que nous avions mis des siècles à oublier.... on a l'air de quoi ?