Média-copie1

Un pays moderne et démocratique, c'est aussi un pays où les médias sont libres et indépendants, comme en France, c'est un bonheur que nous ne mesurons pas assez.

Le problème, c'est que les médias ne sont pas vraiment indépendants. J'entends par là, non qu'ils subissent des pressions politiques, mais comme toute entreprise, ils doivent gagner de l'argent pour payer leurs charges. Ils dépendent de la pub et du volume des ventes. Donc, leur liberté est soumise aux marchés.

Rappelons nous la une de LIBE et la décision de B. Arnaud de supprimer sa publicité.... je ne juge là ni libé ni Mr Arnaud, mais quand même, le titre était honteux, et la décision de Mr Arnaud, une sorte de pavé lancé pour exprimer que, finalement, la presse dépendait des annonceurs...

Sur les journaux ( tous types de supports), nous avons les engagés, et là, aucun souci, le lecteur sait par avance où il met les pieds, non le problème n'est pas là, le problème est lorsque le journaliste se veut neutre et tente de faire son métier avec le plus d'objectivité possible, là, ça pose un vrai problème !

En effet, les journalistes ont un pouvoir colossal. En sus de distiller l'information, ils décident quand, comment et sous quelle forme l'envoyer. Hors, peut de gens vont approfondir, peut de gens font des recherches, ce qui réduit le plus grand nombre d'entre nous à lire l'information immédiate plus sur la forme que sur le fond. Combien de dossiers ouverts, combien de buzz lancés en pature sans qu'il n'y ait eu de suite, sans que les journaux y reviennent... Tous les jours un dossier s'ouvre, mais rarement nous en avons les conclusions....

Au delà, le statut même des journalistes a changé, ils sont devenus des stars, pour les plus connus d'entre eux, et semblent avoir une sorte de science infuse qui est insupportable. combien de fois a-t-on entendu un journaliste dire "comme chacun sait" ou encore " on sait tous que"... et non.. c'est votre avis, point.

Sur la politique, là le problème est bien plus grand et bien plus inquiétant. Les journalistes soit disant neutres et qui se targuent de faire leur boulot le plus honnêtement du monde n'ont pas conscience des ravages qu'ils font. La mode est au débat journaliste/politique, aux émissions type LGJ sur canal où les bons mots succèdent aux petites phrases... rares sont les hommes politiques qui ne sont pas discrédités, très rares, il faut des Giscard, des Sarkozy, des Fabius ou des Juppé pour s'en sortir, le reste.... c'est du carnaval... car au delà de la culture, il faut du charisme...

Aussi, messieurs les journalistes, avec vos formats d'échanges, vos bons mots qui ne mettent en valeur que vous, vos réflexions toutes faites et votre sens incroyable de ne pas aller au fond des choses, de survoler et de se moquer des apparences, vous faites le jeu de ceux qui jouent sur la forme et pas sur le fond.

Comment imaginer un seul instant que Melenchon ou MLePen soient si populaires et si "demandés" dans les médias. C'est uniquement du à la mise en scène que vous créez autour de ces personnages. Combien de contradictions, combien de contre vérité ou de non-sens ne sont pas débatus une fois pour toute plutôt que de revenir sans cesse sur des thèses usées mais qui font le buzz. A cause de cela, vous êtes responsables de l'appauvrissement du débat politique où, pour exister, les hommes d'influence doivent marcher sur ces terres dangereuses sous peine de ne plus exister dans vos talks shows.

La dérision, la façon de caricaturer appartenait autrefois à des professionels, que ce soit Coluche, Desproges, Le luron etc..Les choses étaient claires, aujourd'hui elles ne le sont plus. A force de diminuer nos hommes plotiques de gauche ou de droite, à force de les ridiculiser sans cesse, à force de faire croire que, finalement personne n'est bon, vous favorisez ceux qui jouent sur l'apparence et sur la grande gueule. Mais, c'est vrai, vous vous mettez en avant, vous existez, vous êtes des stars, vous êtes adulés, on vous écoute et on vous suit. Est ce cela être journaliste ?

C'est un vaste débat que de parler des journalistes. Qui est à RTL, qui est à TF1, qui est sur canal, sur une radio ou un journal, n'aura pas les mêmes pressions, n'aura pas les mêmes objectifs, n'aura pas les mêmes façon de traiter l'info. Et pourtant, vous avez un devoir didactique, vous avez un devoir incroyable dans un pays démocratique, vous avez une puissance phénoménale, mais messieurs, avec vous le niveau, avez vous le recul, avez vous l'intelligence pour gérer ça sereinement ?